Is Urban Mining the future? | VPRO Documentary

Is Urban Mining the future? | VPRO Documentary


Nos déchets ont de la valeur. Nos déchets valent littéralement de l’or. Leur recyclage a donné naissance
à une industrie valant des milliards. On appelle ça l’Urban Mining
et c’est en vogue. Cet or donne l’opportunité de nettoyer
les tas d’appareils électroniques… que l’on refourgue
au tiers-monde depuis 20 ans. Il en va de même
pour nos propres décharges. Il y en a entre 150.000 et 500.000… instaurées depuis l’introduction en masse
du plastique dans les années 1950. C’est l’occasion de faire des profits,
mais aussi de déblayer nos ordures. Voilà notre mine d’or. Nous recyclons ces téléphones portables… afin de récupérer palladium, cuivre,
plomb, nickel, étain et antimoine. Ce sont les éléments utilisés
dans la fabrication des portables. On a tout jeté pendant 65 ans. Il est temps de tout déterrer
et d’exploiter les sols d’Europe. Voici Backlight,
découvrez la nouvelle industrie minière. l′or mobile Sur les rives de l’Escaut,
sous la fumée d’Anvers… se trouve la société Umicore. Sur un site de 113 hectares,
environ 1.600 employés… s’adonnent à l’exploitation minière. La société est extrêmement
bien structurée et performante. Ils cherchent des métaux précieux
comme l’or, le platine et l’argent… et des métaux de base
comme le cuivre et le plomb. Mais ils ne vont pas
sous terre pour autant. Ils creusent dans les tas
de déchets électroniques. Ce nouveau genre d’extraction minière
s’appelle Urban Mining. On estime que l’Urban Mining
peut couvrir jusqu’à 40%… de la demande internationale
en métaux précieux. On se croirait dans une mine.
– Sauf que l’on monte, on ne descend pas. L’Urban Mining part du principe… que ce qui nous sert
dans nos villes et nos maisons… ne devrait pas être jeté mais recyclé. C’est un nouveau genre
d’exploitation minière. C’est différent
de l’exploitation minière habituelle… où l’on creuse un trou de deux
ou trois kilomètres de profondeur… afin d’extraire des minéraux. Ce que l’on en extrait
est bien plus pauvre en concentration… d’or, d’argent et de cuivre… que ce que l’on obtient
dans nos mines urbaines. Une tonne de téléphones portables
rapporte 300 grammes d’or. Dans les mines traditionnelles… une tonne de minerai d’or ne rapporte
que deux ou trois grammes d’or. Quel est le poids total
de téléphones jetés chaque année ? Chaque année, environ deux milliards
de téléphones portables sont vendus. Par an ?
– Oui, dans le monde. L’année dernière,
je crois que c’était 1,9 milliard. Mais si la tendance se poursuit… on passera bientôt
la barre des deux milliards. D’ici dix ans, on prévoit une augmentation
de 500% des déchets électroniques. Les appareils électroniques
sont constamment renouvelés… et donc remplacés. Si ces déchets
étaient chargés à bord d’un train… celui-ci devrait faire
le tour de la planète. Et ce train grandit de jour en jour. Il ne s’agit pas seulement d’ordinateurs,
d’imprimantes et de téléphones… mais aussi de télés,
de réfrigérateurs et de thermostats. Une voiture moderne
compte au moins dix mini-ordinateurs. La nouvelle Mercedes haut de gamme
en compte 126. Et on commence
à manquer de matières premières. Voici un lot de téléphones portables.
Sans les batteries. Les batteries sont aussi traitées
à Umicore dans un autre service. On démonte ces téléphones
afin de récupérer les métaux précieux. L’or notamment, vous pouvez voir
les points de contact en or. On récupère l’or mais aussi l’argent… le palladium, le cuivre, le plomb,
le nickel, l’étain et l’antimoine. Ce sont les éléments
que l’on peut récupérer. Dans la nature, on ne trouve jamais
l’or et le palladium au même endroit. Là, on les trouve dans le même appareil,
c’est une mine très fertile. Y a-t-il une limite
à l’exploitation de certains minéraux ? On constate que l’industrie minière
doit creuser de plus en plus profond… pour trouver du minerai d’or. Ils exploitent des minéraux
de plus en plus durs à trouver. Ils extraient du minerai… avec une concentration
de cuivre et d’or inférieure. Et avec plus de produits sans valeur. De plus,
il y a de plus en plus d’extractions… sur des sites écologiquement vulnérables. Il y a des projets d’extraction
au Groenland par exemple. En tant que communauté… on peut se demander
si c’est le chemin à suivre. Ne pouvons-nous pas plutôt
recycler nos appareils ménagers ? Pendant des années,
nous les avons refourgués au tiers-monde. Oui.
Nous les avons refourgués au tiers-monde. C’est encore le cas aujourd’hui. Pour beaucoup de pays… l’Afrique de l’Ouest
est une décharge bon marché. Un endroit où se débarrasser
de nos ordures à bas prix. Voici Agbogbloshie. Ça a longtemps été
un parc naturel du Ghana. Mais nous refourguons ici
nos déchets électroniques depuis 20 ans. Des millions de tonnes chaque année. C’est la plus grande décharge
de déchets électroniques au monde. Ses habitants
l’appellent Sodome et Gomorrhe. Il existe des centaines
de décharges de ce genre dans le monde. Environ 70.000 personnes vivent ici. Les déchets électroniques que vous voyez,
démontés par des enfants de cinq ans… viennent de pays industrialisés… comme l’Allemagne,
le Royaume-Uni, les États-Unis… le Danemark, la Suède, la Norvège
et les Pays-Bas, bien sûr. Et tous ces pays-là. Avant, c’était un paradis ici. Maintenant, c’est un paradis perdu.
Tout a disparu à cause de ces déchets. Les appareils
sont démontés par des enfants. Ils ne sont pas démontés
à l’aide de tournevis et de marteaux. Ils sont brisés à l’aide de pierres. Ils sont brûlés,
comme vous pouvez le voir derrière nous. Ils brûlent le plastique et les câbles
pour récupérer le cuivre. Ils récupèrent les métaux
des déchets électroniques. Ce procédé grossier et primitif… fait qu’ils rejettent
des métaux lourds toxiques… dans l’air et dans le sol… dévastant non seulement l’environnement,
mais aussi la santé publique. Vous pouvez voir le bétail,
on a des moutons ici. Ce sont les moutons ou les vaches
que l’on mangera au dîner ou au déjeuner. Je vous parle de métaux lourds résistants
comme le plomb… les retardateurs de flamme bromés,
le cadmium… Ce sont des métaux lourds résistants… restant dans la chaîne alimentaire,
ingérés par les gens… et causant toute une panoplie de maladies
comme les cancers… l’hypertension artérielle…
Et la liste est longue. Toutes ces terribles maladies… résultent du démontage et de la combustion
des déchets électroniques. Combien gagnent ces enfants ? Les enfants qui démontent ces appareils
gagnent moins d’un dollar ou d’un euro… par jour. Et ils en dépensent la majorité
pour acheter des médicaments… contre leurs maux de tête constants
et leurs problèmes respiratoires. Il y a aussi des filles. Il y a des filles. La plupart viennent
vendre de l’eau aux garçons. Même si elles ne travaillent pas ici,
elles respirent toutes les émanations. Ces jeunes filles vont grandir
et avoir des enfants. Une fois les métaux lourds
présents dans l’organisme… ils seront transmis à l’enfant
par le biais du lait maternel. Le lait maternel peut contenir du plomb,
du mercure et d’autres métaux lourds… et on peut contaminer l’enfant
en le nourrissant. Une organisation néerlandaise
pense pouvoir faire quelque chose. Ils se font appeler “Closing the Loop”. Closing the Loop
travaille avec FairPhone. Dans les pays en développement… ils donnent une deuxième vie
aux téléphones jetés en Europe. Afin d’aborder
le problème des déchets au Ghana… ils achètent
des téléphones hors service en Afrique… pour les recycler en Belgique à Umicore. Un processus propre et durable
de recyclage d’appareils électroniques… est ainsi financièrement réalisable. Joost de Kluijver
est l’initiateur de Closing the Loop. C’est mon ami, il s’appelle Joost. Joost ?
– Enchanté. Que font-ils ?
– Oui… On peut voir ce qui se passe. Ils ont des blessures, des brûlures,
des douleurs thoraciques… beaucoup de problèmes cardiaques,
un taux élevé de plomb dans le sang… Ils remarquent les changements
sur le plan physique. Ils peuvent vite les mettre
sur le compte de leur travail. Certains n’en sont pas conscients
et disent que ça ne leur fait rien. D’autres disent que c’est pareil
pour toutes les professions : “Un chauffeur peut avoir un accident.
Un médecin peut attraper une infection. Nous on fait ça et on tombe malade.”
– C’est leur boulot. “C’est notre destin.”
– Je vois. Vous achetez
des téléphones portables hors service ? Oui, on essaie de motiver
les gens avec lesquels on travaille. On leur donne une raison
de travailler avec nous. Pour certains organismes,
c’est une question de durabilité. C’est le cas de Closing the Loop
et de Nana, mes partenaires au Ghana. Mais en Afrique, les gens agissent aussi
suivant les incitations financières. Durant les années à venir,
les choses pourraient évoluer. La prise de conscience et l’éducation
jouent un rôle essentiel… mais l’Urban Mining
présente aussi un bon dossier commercial. Au Ghana, on rachète de vieux téléphones.
Comment ça marche exactement ? Au tarif actuel, on donne un euro
par téléphone à nos fournisseurs. Au Ghana, c’est une bonne chose… de payer les gens
pour leurs téléphones hors service. Et il est concevable
qu’en payant 25 centimes par téléphone… l’ensemble du pays puisse être mobilisé. Malheureusement, ce n’est pas le cas
en Belgique ou aux Pays-Bas. 25 centimes d’euro, c’est rien.
– Oui, c’est rien. Pour nous,
ce n’est pas une bonne incitation. Mais au Ghana,
pour une famille ghanéenne… s’ils collectent dix téléphones
et reçoivent 2,50 euros… ça leur fait le salaire d’une journée. Donc mobiliser la population
pour collecter les téléphones… dans les pays en développement
comme le Ghana… devrait s’avérer plus facile qu’en Europe. Je m’appelle Nikita Cofie. Il paraît que l’année dernière… le Ghana était l’un des dix pays
les plus pollués au monde. On veut changer cette image. Si vos amis
ont des téléphones hors service… dites-leur de les apporter à l’église. On vous donnera quelque chose en échange.
Alléluia ! Ce qui va se passer… c’est qu’ils vont couvrir
nos frais de nourriture… et payer pour nous, vous comprenez ? Au lieu de donner directement de l’argent. Vous comprenez le principe ?
Ils sont là pour ça. Essayons, ça ne peut que nous aider.
Ça va nous changer la vie. Il y a des moyens de gagner de l’argent. Vous comprenez ? Ça s’appelle “recyclage”
et c’est une bonne chose. Ça va nous changer la vie. Amen. Faites tout ce que vous pouvez
et participez à cette initiative. Vous voulez la climatisation ?
– Oui ! Vous voulez des micros ?
– Oui ! Des instruments ?
Vous avez besoin d’argent ? Je vais vous montrer le chemin. Applaudissez-les ! Applaudissez ! Applaudissez ! Il y a beaucoup de téléphones portables
mais aussi d’autres déchets électroniques. Cela remonte aux années 1990… beaucoup de déchets électroniques
ont été importés en Afrique. On les a déchargés et brûlés. Quand on voit ça… on ressent le besoin
de trouver une solution. C’est ce que l’on va faire. L’étendue d’eau devant nous
grouillait de poissons il y a 20 ans. Il y avait tellement de poissons. C’était le gagne-pain de la communauté,
il y avait beaucoup de pêcheurs. Aujourd’hui, c’est du poison.
L’eau est morte. On n’y trouve plus aucun organisme vivant.
Pas de poissons, de têtards ou de vers. Il y a plein
de réactions chimiques en cours. C’est pour ça
que l’on voit toutes ces bulles. Que font ces hommes ?
– Ils collectent les particules de métal. Vous pouvez les voir faire avec un aimant. Vous voyez l’aimant ?
– Oui. Ils ne peuvent pas voir
les particules à l’œil nu. Il leur suffit
de sonder le sol avec l’aimant. Mais ça leur fait mal au dos. Voilà notre remise. Un conteneur avec une voiture garée devant
pour plus de sûreté… et trois cadenas. Il contient environ 2.500 kilos
de téléphones portables. Pourquoi tous ces dispositifs ?
– Ça vaut 30.000 euros. Il n’y a pas 2.500 mais 2.700 kilos… de téléphones portables hors service,
ce qui fait entre 37.000 et 40.000 euros. C’est de l’or.
– Oui, de l’or. Vous pouvez bouger la voiture
pour qu’on ouvre les portes ? Merci. Il n’y a pas plus sûr que ça. Regardez.
– Ouah ! Ça marche plutôt bien.
– Oui. Merci beaucoup,
vous avez fait du bon boulot. Bon boulot. De l’or pur. Vous pourriez en faire des bijoux. On peut voir les pièces en or,
en argent et en cuivre… qui ont de la valeur
et sont prêtes à être recyclées. Voilà les circuits imprimés
et tous les éléments des téléphones. Y compris le plastique
qui serait normalement brûlé. Ils sont toujours dans leurs boîtiers
et peuvent être entièrement recyclés. Au lieu d’être brûlés, on les recycle. Les Belges récupèrent-ils
plus de matière que les gens d’ici ? Grâce au recyclage, on peut récupérer
jusqu’à 99% de tous les métaux. Ici, ils ne récupèrent pas
tous les métaux… et le pourcentage de ce qu’ils récupèrent
est loin de ce qu’on fait en Belgique. C’est bien plus performant et propre… et c’est mieux pour tout le monde. C’est le nouveau
produit d’exportation du Ghana ? Oui, je pense que c’est un bon produit
à exporter vers l’étranger. C’est bon pour nous
et c’est surtout bon pour les gens d’ici. Après avoir prélevé
les premiers échantillons… on rassemble les matériaux
dans un compartiment. Ils sont prêts pour le traitement. Lors de la fusion,
on obtient deux échantillons : un échantillon de cuivre
avec les métaux précieux… et un échantillon de plomb
avec les métaux de base. Ces échantillons
sont ensuite dissociés sur place… afin d’obtenir 17 métaux purs différents
à la fin du traitement. Ils comprennent sept métaux précieux
et dix métaux de base… comme le cuivre,
le plomb, l’étain, l’antimoine… mais aussi des métaux spéciaux
comme l’indium, le sélénium et le tellure. Lors de la première fusion… l’apport des résidus
de téléphones est intéressant. Il y a beaucoup de plastique
dans ces résidus… donc on s’en sert
comme source d’énergie lors de la fusion. Ces circuits imprimés nous permettent
d’économiser en cokes, par exemple. Les hommes blancs
sont arrivés au centre d’information. Si vous avez un téléphone hors service,
vous pouvez le leur donner. En l’absence de Dieu,
les Blancs sont ses assistants. Ils savent tout. Il y a des téléphones hors service
qui ne peuvent pas être réparés… et vous les donnez aux enfants
pour qu’ils jouent avec. Vous ne savez pas quoi en faire. On va vous les racheter.
On vous donnera de l’argent. Écoutez-moi bien : pour chaque téléphone
que vous voulez jeter… vous recevrez au moins cinq cédis. Vous en avez quatre ?
Ça fait quatre cédis. Pardon ? C’est tout ?
Vous ne pouvez pas me donner plus ? C’est tout, désolé. C’est un téléphone cassé. Ce n’est pas beaucoup d’argent. Écoutez, il est dangereux de les jeter. Les gens les brûlent
et la fumée vous rend malade. Voilà mon téléphone, je vous le donne. Un téléphone vaut un cédi. Un cédi. On les rachète
parce qu’ils peuvent vous rendre malade. Si vous le donnez à votre enfant
pour qu’il joue avec… il risque de le mettre dans sa bouche
et de tomber malade. Je vais vous expliquer
pourquoi c’est dangereux. Pas la peine. Un cédi, ce n’est pas assez. Ils se plaignent du prix. Ils essaient de faire monter le prix. De passer de un cédi à deux cédis. J’ai des employés
qui font du porte-à-porte. Mais je vais aussi au centre d’information
pour faire une annonce. Avec cet argent,
vous pouvez acheter du sel. Du sel, mais aussi des oignons, du poivre,
des bananes frites et du poisson séché. Ce message s’adresse à l’homme
dont le téléphone est en panne. Avant de le détruire ou de le jeter… apportez-le au centre d’information. On collecte les téléphones
dans un petit village. Ce sont des gens du coin
qui veulent vendre leurs téléphones. Il y a des vendeurs professionnels ?
– Quelques-uns. Ils collectent les téléphones
pour gagner leur vie. Ils apportent un sac rempli de téléphones,
20 ou 50 téléphones à la fois. C’est l’équivalent
d’une semaine de travail. C’est un peu ironique : on les jette d’abord
et puis on les rachète. C’est presque poétique.
– En effet. Vous avez raison. Je pense que les gens
sont mieux informés maintenant. Après ce que l’on a fait
à nos concitoyens du monde en Afrique… en agissant si mal,
ce qui ne devrait pas se reproduire… il est temps
de prendre nos responsabilités… et de réparer les dégâts que l’on a faits. D’après le principe du soutien de famille.
– Oui. Acheter des millions de téléphones
pourrait s’avérer très rentable. Je vois l’Urban Mining
comme un moyen de faire un profit… mais c’est aussi une façon responsable
de recycler les métaux. Lorsque l’on extrait des métaux
du sol dans les mines… la pollution est de 90% plus élevée
en matière d’émission de CO2… que lors du recyclage. Les sociétés investies dans l’Urban Mining
ont un dossier commercial solide. Mais pour le reste du monde,
c’est l’aspect social qui importe. À tout point de vue,
c’est une approche logique. Ça s’applique à d’autres déchets ?
Aux ordinateurs… Oui, certains de nos partenaires… abordent le problème de l’accumulation
des résidus d’ordinateurs. Il y a un projet au Kenya. Dans ce domaine,
les quantités sont si importantes… qu’il faudrait y prêter plus d’attention. Lorsque l’on jette un ordinateur… il y a l’écran et beaucoup de plastique. Jusque-là, ils étaient brûlés
comme on a pu le voir à Accra, ou jetés. Nos principes s’appliquent aussi ici : il faut les traiter correctement. Aux Pays-Bas, on peut penser bien faire… mais au final,
ils sont brûlés en Afrique… et ça a un impact négatif
à l’échelle planétaire. Il est certain que si l’on continue
avec l’Urban Mining… de plus en plus de déchets
seront recyclés. Et le ratio entre les métaux extraits
et les métaux recyclés… penchera plus vers le recyclage. Est-ce qu’à long terme… la société pourra
dépendre entièrement du recyclage ? C’est difficile à dire. Nous nous rendons
au Circle Market à Accra. C’est l’un
des plus grands marchés d’Afrique… pour la vente et la réparation
d’appareils électroniques. Closing the Loop a des employés sur place
essayant d’acheter les appareils cassés. Mais la confiance
n’est cependant pas toujours mutuelle. Les gens nous connaissent maintenant. Ils savent ce que l’on recherche… et ils sont contents
de vendre leurs déchets. Ça a dû être difficile à comprendre.
– Au début, oui. Certains ont même cru
que c’était une arnaque. D’autres voulaient nous vendre
des téléphones en état de marche. Ils pensaient que nous voulions
des téléphones en état de marche. Maintenant, ils savent
que s’ils ont quelque chose en panne… ils peuvent nous le vendre
et on sera heureux de l’acheter. Quel est le prix ? Viens au bureau. Je veux être sûr,
je suis un homme d’affaires. On te fera une offre intéressante.
Tu ne pourras pas refuser. Appelle-nous pour en parler.
– Prends le numéro. C’est mon numéro là. Les Européens
ont des téléphones de qualité… qu’ils gardent 18 mois en moyenne. Ce n’est pas beaucoup.
Dans d’autres pays, c’est plus longtemps. En Afrique,
la qualité est bien inférieure. Ils ont des téléphones importés de Chine
qui ne tiennent que quelques mois. Il y a un roulement extrêmement rapide. Cela signifie
qu’ils produisent bien plus de déchets. On estime à un milliard
de téléphones par an… le nombre de téléphones jetés
et non recyclés… en l’absence d’usines de recyclage. La production
de téléphones chinois bon marché… fait rapidement décliner
les réserves en métaux spéciaux. Les terres rares comme l’europium
et le terbium sont en rupture de stock. On ne les trouve plus
que sur certains sites en Chine. Mais la Chine en a interdit l’exportation. En particulier vers son ennemi juré
et concurrent : le Japon. L’extraction de métaux rares
est une question de géopolitique… et le besoin d’Urban Mining
n’en est que d’autant plus pressant. Qu’est-ce que c’est que tout ça ? Ce sont nos produits finis,
les métaux précieux que l’on produit. Chaque année, on produit plusieurs tonnes
de métaux précieux. Donc il n’y a pas de raison
d’exposer notre or. Voici un lingot d’or
de 12,5 kilos produit en 2015. Une bonne année
avec des cours de l’or élevés. L’or vaut environ 35.000 euros par kilo… donc ce lingot vaut environ 450.000 euros. Cet or est identique
à celui trouvé dans le sol ? Oui, c’est le même
que celui des mines ou des rivières. C’est de l’or pur à 99,99%. Vous ne craignez pas… que les bijoutiers fassent la différence
entre l’or recyclé et véritable ? Personne ne peut faire la différence. L’or a toujours les mêmes propriétés… qu’il soit extrait ou recyclé. On pourrait dire
que l’or recyclé est de l’or “vert”… parce que sa production
a un impact réduit sur l’environnement. L’impact de l’extraction a déjà eu lieu. S’il sert à la production d’un téléphone
et qu’on le recycle… l’impact n’est pas le même. Si ça devient rentable… vous ne craignez pas
que les grandes entreprises s’imposent ? À terme, l’objectif de Closing the Loop
est de devenir redondant. Lorsque l’on aura
des usines de recyclage en Afrique… et que l’infrastructure
facilitera la collecte… il ne sera plus nécessaire de transporter
les déchets d’Afrique vers l’Europe. J’encourage les gens
à collecter les déchets électroniques. Je ne vois pas Closing the Loop
comme un monopoliste travaillant seul… mais plutôt
comme une organisation créant des liens. Les grandes entreprises
pourraient jouer un rôle là-dedans. Les entreprises de recyclage
ou de collecte de déchets électroniques… devraient relever ce défi. Notre organisation
transmet les connaissances… et met les gens en contact… mais à terme il devrait être normal
de recycler ses vieux téléphones… près de chez soi. Les gouvernements et les entreprises
jouent un rôle important pour cela. Qu’a dit Vodafone ?
– Ils étaient très positifs. Ils comprennent ce que nous voulons… et ils savent quoi faire pour participer
à la collecte de vieux téléphones. Vodafone est partant.
– OK, mais comment ? Vodafone est le deuxième
plus grand opérateur au Ghana. Ils ont des boutiques dans tout le pays
pouvant servir à la collecte. Nous allons en faire la promotion ensemble
pour que les gens aillent en boutique. Ces montagnes d’ordures
ne sont pas le propre du tiers-monde. On les trouve aussi en Europe. Elles existent depuis
l’introduction en masse du plastique… dans les années 1950. On les a couvertes avec soin pour en faire
des parcours de golf et des parcs. Et c’est comme ça qu’on les aime. On estime que les déblayer
coûterait plus d’un billion d’euros. Aux Pays-Bas, on compte 4.000
centres d’enfouissement des déchets… et en Allemagne, 20.000. En Europe, on estime
qu’il en existe au moins 150.000. Mais une nouvelle découverte… a transformé ces collines
en montagnes d’or. C’est un autre genre d’extraction minière. De l’Urban Mining,
on passe au Landfill Mining. Le Landfill Mining
transforme les ordures ménagères… en énergie
et en matériaux de construction. En Allemagne,
aux États-Unis et en Belgique… on conduit des expériences
de grande envergure. Tom Jones est directeur de recherche
à l’université de Louvain en Belgique. Il coordonne le “European Enhanced
Landfill Mining Consortium”… ou EURELCO. Le Landfill Mining, c’est le traitement
des déchets de décharges… afin de produire
de nouveaux matériaux et de l’énergie… et de se réapproprier le terrain
d’enfouissement des déchets. La plupart des décharges
ont vu le jour dans les années 1950. Chaque municipalité
avait alors sa propre décharge. Entre les deux guerres mondiales,
les gens étaient très créatifs. Les produits que l’on fabriquait
étaient entièrement recyclés. Ces produits étaient différents
de ceux d’aujourd’hui. Il n’y avait pas de déchets électroniques
à grande échelle… comme les télés,
les ordinateurs et les téléphones… qui sont devenus en vogue
dans les années 1970, 1980 et 1990… dans notre société de consommation. C’était sans doute pour un anniversaire.
– Oui. En 1992.
Il y a un paquet de pailles en plastique. Les enfants ont beaucoup bu. Regarde.
– Oui. Tu peux les sortir ? Oui.
– Un sac rempli de pailles. C’est parfait pour alimenter
notre technologie plasma. C’est presque prêt à l’usage.
– Presque. Mais je ne vais pas m’en servir.
– Non. Des journaux ?
– Tu as vu des journaux, Tom ? En Europe… il y aurait plus de cinq milliards
de tonnes de déchets d’après les rapports. C’est assez pour recouvrir les villes
de Londres, Paris, Bruxelles et Madrid… d’une couche de déchets
d′un mètre d’épaisseur. Ça donne une idée de la quantité
de matières premières présentes en Europe. On sera capable
d’en récupérer plus de la moitié… sous la forme
de matières premières réutilisables… et sous la forme d’énergie. Aujourd’hui, on ne jette plus nos déchets,
on les brûle. On produit ainsi de la chaleur… qui peut être transformée en énergie. Le principe du Landfill Mining
est que tous les déchets ménagers… peuvent être transformés
en matières premières et en énergie. En gazéifiant les déchets
à haute température… une nouvelle roche
de type basalte est produite… connue sous le nom de roche plasma. La roche plasma peut remplacer le ciment,
dont la production nuit à l’environnement. La production de roche plasma
génère de l’énergie verte… sous la forme de chaleur,
de biogaz et d’hydrogène. Voici notre four à induction. On fait fondre ici nos scories
pour obtenir de la roche plasma liquide… que l’on trempe ensuite avec cet outil. On la plonge dans l’eau froide
pour la solidifier. Voici les scories incombustibles
de la décharge. C’est similaire à la réaction
de la lave se transformant en basalte. C’est le résultat ?
– Les scories fondues puis trempées. On l’a vite refroidi dans l’eau froide,
comme vous avez pu le voir. C’est devenu vitreux et réactif… et une fois réduit en poudre,
c’est un ciment écologique. Voici un carreau léger
aux propriétés isolantes. Voici un parpaing ordinaire
rempli de mousse de polymère. Une dalle de trottoir…
Tout ce que l’on fabrique en ciment… on peut aussi le faire
avec notre ciment géopolymère. Et il s’agissait de déchets.
– Oui, des déchets. Ce matériau noir
était dix mètres sous terre… depuis les années 1970… et on s’en sert maintenant
comme matériau de construction. Et il y en a beaucoup. 18 millions de mètres cubes,
si je me souviens bien. Ça fait combien de briques ?
– Et bien… Beaucoup. En plus de la fabrication
de matériaux de construction de qualité… les déchets ménagers
génèrent aussi de l’énergie… sous la forme de chaleur,
de biogaz et d’hydrogène. La décharge de Houthalen à elle seule… peut approvisionner 200.000 foyers
en énergie verte pendant 20 ans. Dans l’économie circulaire du futur… les déchets
seront une matière première précieuse. Les déchets se transforment… en matériaux de construction de qualité
et en gaz. Les gaz se composent
de CO et d’hydrogène… et on essaie de purifier
un peu plus le mélange… afin d’obtenir du biométhane
et du biohydrogène. Le biohydrogène
est une base énergétique de qualité. À l’avenir, lorsque l’on utilisera
la technologie des piles à combustible… on aura du combustible biohydrogène… pour servir aux piles à combustible… dans l’économie hydrogène du futur. Nous n’aurons plus besoin
d’essence ou de diesel. Les véhicules du futur fonctionneront
aux piles à combustible à hydrogène. Regarde, un journal du 26 mai 1992.
Il est parfaitement lisible. On a besoin d’un modèle décentralisé. Au lieu de construire
quelques grandes usines d’incinération… et de transporter les déchets
jusqu’à ces usines… nous avons un modèle
avec de nombreuses petites usines… générant des emplois
et créant de la production localement. Un nouveau modèle économique
avec une organisation décentralisée. Dans la ville anglaise de Swindon… une usine à gaz plasma
a été construite en 2010. Les décharges étant saturées… on veut produire chauffage et électricité
grâce aux déchets. Mais dans cette usine de Swindon… on a recours à une technologie
différente de l’incinération. À haute température, on fait fondre,
gazéifier et vaporiser les déchets… maximisant ce que l’on récupère à la fin. Il s’agit d’une usine test
mais à grande échelle… on pourrait approvisionner
15.000 foyers en électricité. En matière d’émissions… cette usine
reste dans les limites européennes. On a effectué des calculs
pour le Royaume-Uni… et si l’on mettait en place ce système
pour les déchets ménagers journaliers… produits actuellement au Royaume-Uni… on générerait 20% de l’énergie
de l’ensemble des foyers. L’énergie d’un foyer sur cinq
serait générée par les déchets ménagers. Mais si l’on prend en compte
les déchets des décharges en plus… on arrive
à un pourcentage encore plus élevé. Grâce à sa taille réduite… et son taux minime
d’émissions de gaz à effet de serre… une usine à gaz plasma APP… peut être située
à côté d’habitations ou d’industries. Les déchets locaux peuvent
être ainsi transformés en énergie locale. On reçoit de nombreuses demandes
de Croatie et de Grèce… mais aussi du Chili et de l’Inde. Cela montre que de nombreux pays
cherchent des solutions… aux problèmes des déchets… et de pénurie de matières premières
et de sources d’énergie. On ne pense pas seulement
installer ces usines ici… mais avec l’aide
des acteurs de l’industrie… près de toutes les décharges du monde. Il y a une expression que l’on aime
et que l’on a inventée pour cela : “Remining Europe”. Depuis 1950,
on jette des déchets ménagers en masse. Et depuis 1870,
on jette des déchets industriels en masse. Il est temps
de vider toutes ces décharges… et de les exploiter pour la production
de matières premières. On traverse actuellement
une période de transition. Après nous être concentrés… sur la collecte de déchets
à petite échelle… nous travaillons maintenant
avec des partenaires comme FairPhone… et Nana au Ghana. Si l’on arrive à recruter
les grosses pointures… du marché de la téléphonie… les opérateurs, les fournisseurs
et peut-être même les fabricants… ce sera une très bonne chose. Ce serait à leur avantage, je crois… parce que notre approche est bonne
et importante pour l’avenir. Vous rêvez parfois de tout cet or ?
– Pardon ? Vous rêvez parfois de tout cet or ?
– Plus maintenant. Je travaille ici depuis si longtemps…
– Ça vous est égal maintenant. Non, quand même pas. Il y a quelques années,
à l’époque des Jeux d’hiver à Vancouver… nous étions l’un des fournisseurs
d’or et d’argent. Pour les médailles. On a reçu la matière première du Canada
sous la forme de circuits imprimés. On a recyclé les circuits
et récupéré l’or… que l’on a envoyé
à l’hôtel de la Monnaie au Canada. Ils s’en sont servis
pour faire des médailles. Une partie de l’or récupéré ici… est aujourd’hui aux Pays-Bas. Votre pays est meilleur que le nôtre. Vos patineurs de vitesse
ont dû rapporter des médailles… dont l’or et l’argent
ont été produits à Hoboken, à Umicore.

23 comments

  • _________

    I love it when I learn about something I did not know existed.

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  • Art Man

    This concept is amazing.

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  • Jon Jr

    Very interesting!

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  • Sunset Cliff

    I will have to see if I can make time for this film. It is not in English- well maybe 1/2 of it is. So that means I cant multi task. I will try to make time for this next week.

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  • wunderlich catt

    great stuff

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  • ArthursHD

    Someone could teach those kids how to do CAD, Helpdesk, translation, web development or other work online. There is an ETH based freelance platform. Sure they could make more than a dollar a day.

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  • Gacheru Mburu

    🤔🤔👍👍👏👏

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  • Chris S.

    I've been saying for years that today's landfills will be tomorrow's most valuable ore deposits.

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  • CandidDate

    as cars are rendered undrivable, imagine all the metals to be recycled ! We could build a space habitat.

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  • B. Rippy

    Why can't they simply show the process, without all the global warming bullshit propaganda?

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  • F Harrison

    Only works, if we keep Africa poor tho

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  • Jeremy Monroe

    Clear that waste baby. Ride a bike to work in your reflective jacket. I didn't watch the whole video…

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  • denunci mesmo

    great documentary tanks

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  • luys effendi

    sub eng please…im from indonesia

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  • Hubba404

    That mining plant had to shut down when a worker let a rogue Nokia 3310 slip through the sorting process and their mill broke on it.

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  • mahesh karthick

    Can it be done in a third world country, with the same effectiveness. What kind of infrastructure is required?

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  • x

    does anyone know what song they are singing at church 14 minutes in?

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  • Hyric89

    I'm guessing this is the culmination of decades of research? At least geopolitically speaking, metals recycling is quite a no-brainer for Europe.

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  • Arun Kumar Pandey

    Graphene would solf all these problems.

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  • Rebel 00

    GARBAGE IS WEALTH.. I RECYCLE FOR A WHOLE YEAR AND FELT FREE, WHILE I WAS WORKING.. I MADE ENOUGH TO BUY ME A CELLPHONE AT 120 DOLLARS AND STILL HAD ENOUGH CANS TO PURCHASE OTHER ITEMS… I WAS DOING IT.. RECYCLING IS A BUSINESS THAT LUCRATIVE LIKE ANYTHING IN LIFE ITS UP TO YOU… RECYCLE RECYCLE RECYCLE..

    DONT THROW AWAY YOUR BOXES OF LUXURY PRESERVE THEM AND TRY AND SELL THEM BACK TO THE STORES.. IMAGINE YOU BUY FROM VERSACE, FENDI, COUTURE OVERALL, AND THEY PAY YOU JUST ONE DOLLAR FOR EVERY BAG YOU BUY, THAT 20 30 OR MORE DOLLARS FOR YOU, AND THEY CAN BOAST THEY ARE RECYCLING, AND ITS GREAT FOR THE ENVIROMENT.. OR WALMART PAYS YOU 50 CENTS FOR EVERY PLASTIC BAG YOU TAKE CARE AND BRING BACK CAN YOU IMAGINE THE MONEY YOU MAKE BECAUSE ITS RECYCLING AND HELPING THEM ENVIROMENT.. FOLKS INSTEAD OF DUMPING START EARNING..

    THAT THE SLOGAN STOP DUMPING START EARNING…

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  • ska punk OI! alternative living

    The problem with this this is why black people are the lowest rates in the world we allow ourselves to be downtown by the Europe for years and years and now that dumping that crap that they finish using on African soil to stop this that place could be beautiful if it's if black people stand up for their people and their country instead of letting European countries dump that crap that they don't respect you by dumping that crap wake up Africans wake up…

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  • ska punk OI! alternative living

    They should be dumping stuff like that African or third world countries in the first place Europe made that garbage that must keep that garbage in their own country and recycle it they're not in Africa… because Africa is used used as a Dumping Ground by Europe or by the West…

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  • ska punk OI! alternative living

    A lot of these new new age machines to burn waste to my heat and profit they should be transferred to Africa for Africans. Doing that as well as themselves they can build their own countries… of course that won't happen because a lot of us are too backwards to even think about that and too busy fighting each other like a bunch of crabs trying to get reach the top so with that in mind it's not going to happen no time soon anyway….

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